Laurène et sa famille multiculturelle de retour en France


Après plusieurs années d'expatriation au Québec, Laurène décide de revenir vivre en France, dans sa belle ville de Marseille. Mais c'était sans compter sur la rencontre avec son futur mari, canado-mexicain, à un cours d'anglais à Montréal ! Peu de temps après Laurène tombe enceinte, et le plan initial s'éloigne un petit peu... Une première grossesse à Montréal, un long congé parental offert par la Belle Province, un changement de vie professionnelle en faisant de sa passion, la photo, son métier, puis une deuxième grossesse en pleine pandémie, bref, pendant un temps l'idée de revenir près de sa famille à Marseille n'est plus totalement d'actualité, mais toujours très bien encrée dans sa tête.


C'est en septembre 2022, que Laurène, son mari et leurs deux enfants font le grand saut, et déménagent de Montréal à Marseille ! Alors comment ça se passe quand une française et un canado-mexicain qui vivent avec leurs deux enfants au Québec décident de venir s'installer en France ? Comme ça, on dirait presque une devinette Carambar. Et pourtant l'histoire de Laurène et sa famille dans cette aventure multiculturelle ressemble à un arc-en-ciel multicolor, où plusieurs pays, plusieurs langues et plusieurs cultures se rencontrent et cohabitent - avec au milieu de tout ça, des enfants qui s'adaptent à tout et qui s'émerveillent de chaque changement.



Présentation de Laurène et sa famille


Qui es-tu ? De qui est composée ta famille ?

Salut ! Je suis Laurène, photographe de famille, Marseillaise mariée à un Canado-Mexicain et nous avons deux enfants, mon fils qui a 4 ans, et ma fille qui a presque 2 ans et qui ont donc 3 nationalités !



Dans quel contexte es-tu arrivée à Montréal, t’es-tu facilement adaptée à cette culture ? Idem pour ton conjoint ?

Je me suis installée à Montréal en 2013, après une folle envie de découvrir ce qu’il se passait “ailleurs”. Une envie d’aventures - mais pas trop risqué, j’ai choisi un endroit où on parle français - et de connaître une autre culture.


Les trois premières années, j’étais sur un petit nuage. Tout me fascinait, chaque détail du quotidien, coin d’architecture, nouvelle expression, rencontres, les saisons (même l’hiver !). S’adapter à la culture québécoise n’a pas été difficile car Montréal est une ville avec de nombreux immigrants et différentes cultures, la plupart des gens sont donc ouverts et compréhensifs.


Mon premier choc a été le travail : l’ambiance était très différente de ce que j’avais connu dans le sud de la France qui était plus chaleureuse et bon enfant. À Montréal, je ne compte plus les licenciements surprises du vendredi soir et les lundis matin où l’on découvrait la personne qui ne serait plus là. Et vu mon permis de travail précaire d’immigrante, ça a été de longues années de stress où je me suis demandée si je n’étais pas la prochaine. Comme beaucoup d’immigrés, mon entourage proche sont des gens de ma culture (donc pour la plupart Français). Bien que je m'entendais très bien avec mes collègues de travail, le stade d’amis proches est assez difficile à franchir. Nous parlons la même langue, mais beaucoup de choses nous séparent et encore plus si l’on vient du sud.


Dès lors que je me suis mise à mon compte, je travaillais seule et j’ai alors eu la sensation de ne plus du tout être intégrée à la société québécoise, un peu comme dans une bulle. Je me suis alors beaucoup détachée du Québec et mon envie de revenir en France a été plus forte que jamais. C’est assez étonnant car même en travaillant à mon compte comme photographe, la majorité de mes clients étaient aussi français ! Les mêmes questions récurrentes d’un retour en France revenaient alors sans cesse.


Mon mari est très attaché à sa culture mexicaine. Il a beau être resté 15 ans au Québec, il a encore moins d’amis Québécois que moi, il est plus proche du côté anglophone du Québec. Le fait que Montréal soit une métropole multiculturelle est indéniablement un atout formidable, mais je pense que pour vraiment embrasser la culture québécoise et ses habitants, mieux vaut sortir de la ville.


La vie d’expatriés au Canada avec des jeunes enfants


Deux grossesses et deux accouchements à Montréal : qu’est-ce que tu as aimé et moins aimé ?

J’ai adoré ! J’avais pourtant entendu les difficultés à trouver une infirmière pour le suivi de grossesse, mais j’ai trouvé dès mon premier appel ! La première échographie se fait à 3 mois et si tout va bien, vous n’en avez qu’une deuxième à 5 mois. S’il y a le moindre problème ou doute, ils feront toutes les vérifications nécessaires. Pour ma première grossesse, j’aurais bien voulu un peu plus de suivi. Mais pour la deuxième, j’étais à l’aise avec le côté moins médicalisé qu’en France, qui n’est en fait pas forcément nécessaire.


J'ai accouché les deux fois au CHUM de Montréal, un hôpital refait à neuf et avec une équipe incroyable. J’ai apparemment encore eu de la chance car certains hôpitaux sont beaucoup plus vétustes. Le seul point que je pourrais soulever c’est qu’on sent tout de même qu’il ne faut pas rester trop longtemps. Mon premier accouchement a été très long (36h), après 24h de contractions, le médecin voulait me renvoyer chez nous le temps que le travail avance ! Et s’il n’y a pas de complications, toute la famille rentre à la maison au bout de 48h. Par contre moi qui souhaitais allaiter, j’étais très heureuse de trouver beaucoup de soutien. L’allaitement est très normalisé là-bas, notamment par le fait que le congé maternité est généralement d’un an, ce qui facilite la réussite de l’allaitement.


Et c’est donc le gros point fort du Québec, une chance énorme pour les mamans et les papas : un vrai congé de maternité. Le papa a en plus 5 semaines de congés et le Québec encourage d’ailleurs le partage du congé parental entre les deux parents. Ce n’est donc pas exceptionnel de voir un papa garder son bébé pendant que maman retourne travailler. Je suis d’ailleurs assez épatée par les entreprises qui sont en général heureuses pour les parents et qui ne mettent aucune pression pour le retour au travail. Ils accommodent d’ailleurs généralement les familles avec des horaires plus adaptés. La France devrait prendre exemple sur ce point-là 😉



Les hivers canadiens avec des bébés, comment ça se passe ?

Ouf ! Pour moi : l’enfer ! Ah ah ! Bon disons que les hivers canadiens avec des bébés j’ai trouvé ça difficile, peut-être parce que je n’ai pas connu ça moi-même. J’avais beaucoup d’appréhensions avec ma fille qui est née en février, le mois le plus froid de l’hiver. Comment l’habiller, peut-on sortir, et pour l’allaiter… ? Il est conseillé de sortir un petit peu tous les jours sauf les journées de grand froid. Mais préparer deux jeunes enfants pour sortir en hiver au Québec, c’est tout un défi ! Entre les cris, les pleurs, les moufles et les bonnets à remettre un nombre incalculable de fois, les enfants ont chaud, nous aussi… Bref tous les parents savent à quel point c’est le rush au moment de partir, bon ben là, il fallait prévoir 2 fois plus de temps et de patience ! Attention aussi aux écarts de température entre l’intérieur et l’extérieur : on passe facilement de 20° à -20°. J’avais deux peurs : que les mains ou les pieds de bébé soient découverts (car les bébés enlèvent facilement tout ce qui est aux extrémités) et glisser. D’ailleurs j’ai déjà glissé avec le porte-bébé et une connaissance a dévalé les escaliers extérieurs avec bébé dans les bras ! Plus de peur que de mal heureusement.


L’allaitement a d’ailleurs été plus complexe pour ma fille aussi. Pas question de me déshabiller dans le parc en plein hiver, et étant née en plein covid, on n’avait plus le droit de rentrer s’installer dans un café ou restaurant. Même les bancs des centres commerciaux étaient enlevés. Autant dire qu’on est pas mal resté proche de chez nous cet hiver-là !


Je vais quand même trouver un point positif que les enfants adorent : la luge ! Et avec ça, on a bien rigolé 😄


Crédit photo : Laulinea • Photographe Maternité & Famille


La garde et la scolarité des enfants, c’est facile ?

À ce niveau, je pense que c’est un peu comme en France mais en plus cher que ce soit privé ou public. Pour ma part, j’ai trouvé assez facilement une garderie privée pour mon fils en cours d’année. Ça reste cher (55$/jour en 2019 à Montréal - chaque garderie fait ses tarifs), mais une grande partie est remboursée par les impôts.

Pour le public, j’ai inscrit mon bébé sur la Place 0-5 (le site web officiel pour les modes de gardes) à mes 5 mois de grossesse. Il a ensuite eu une place en CPE (8$/jour) pour ses 2 ans et demi. Mais par la suite, ma fille a eu la chance d’avoir une place tout de suite grâce à son frère dans le même CPE.

Lors de mon expérience - je sais que ce n’est pas le même cas pour tout le monde - j’ai remarqué une grande différence entre la garderie privée et le CPE public notamment au niveau des méthodes d’apprentissage et d'éducation. J’ai vu une vraie évolution quand mon fils est entré au CPE et il était plus heureux et épanoui. Malheureusement les places sont rares. Autre différence, les enfants vont en garderie jusqu’à 5 ans, où ils sont 8 par groupe, 5 pour les petits. En France, mon fils est rentré en maternelle et ils sont désormais 25 en classe pour une maîtresse !



Comment gér(i)ez-vous la distance avec chacune des familles ? (créer et garder le lien grands-parents / petits enfants…)

On échange beaucoup sur un groupe WhatsApp avec plusieurs membres de la famille au Mexique, ça permet de donner des nouvelles à tout le monde plus rapidement. WhatsApp nous a beaucoup aidé à maintenir le lien, on appelait plusieurs fois par mois les grands-parents. Mais les appels vidéo ont leurs limites et ne pas partager le quotidien est évidemment difficile pour créer de l’attachement profond. Il n’y a rien qui puisse remplacer les vrais moments passés ensemble et c’est absolument flagrant avec les enfants qui vivent beaucoup plus le moment présent.

Je fais aussi beaucoup de photos de notre quotidien pour nous quatre, mais aussi pour toute notre famille qui ne partage pas notre vie de tous les jours. J’avais même fait un projet 365 pour la première année de mon fils : une photo tous les jours avec un petit texte. Puis on a fait un album pour chaque grands-parents. Bon pour ma fille, ayant beaucoup moins de temps, j’ai décidé de privilégier la qualité à la quantité !



Avez-vous pu voyager facilement avec les enfants en France et au Mexique pour leur rendre visite ? Quels étaient vos indispensables pour voyager sans trop de contraintes avec vos enfants ?

Les voyages en eux-mêmes se sont très bien déroulés, on est souvent prioritaires et le personnel est très attentif. On faisait des vols de nuit pour que ce soit moins long pour les enfants. Pour voyager sans trop de contraintes, on fait beaucoup avec le minimalisme ! L’avantage de rendre visite à nos familles, c’est qu’on nous prêtait beaucoup. On prenait seulement l’indispensable sac à langer, le porte-bébé, de quoi nourrir, habiller et changer bébé pour quelques jours. Seule l’énorme couverture de mon fils devait nous suivre partout.


Retrouvez nos 3 indispensables Palpite pour voyager léger tout en confort avec son bébé :

cocon Oléronsac à dos Aveirotapis à langer Nazaré

Être aussi loin de la famille nécessite des sacrifices, les voyages ne sont pas forcément aussi nombreux qu’on le souhaiterait. Il faut beaucoup de vacances (la plupart des Canadiens ont entre 2 et 3 semaines par an) ou des grands-parents à la retraite, les finances, l’envie de partir en voyage toujours au même endroit... Et le bon climat ! Il n’y a que ma mère qui a osé venir en hiver parce que j’accouchais ! Pour la première année de mon fils, nous avons eu beaucoup de visites de la famille à Montréal, puis nous sommes allés en France et au Mexique, c’était génial. Puis à cause du covid et des restrictions, tout s’est arrêté et on s’est senti complètement isolés.


Crédit photo : Laulinea • Photographe Maternité & Famille



Quelle(s) langue(s) parlent tes enfants ? Comment ça se passe à la maison ? Ton fils a-t-il l’accent québécois ?

Notre famille, c’est une histoire de langue ! J’ai rencontré mon mari car je voulais apprendre l’anglais et lui le français. À la maison on parle donc 3 langues : français, anglais et espagnol. Je parle en français la plupart du temps. Mon mari me parle en anglais, en espagnol aux enfants et en français à ma famille. C’est assez drôle car il est incapable de me parler en espagnol car je suis associée à l’anglais, donc j’apprends pendant nos vacances avec sa famille et avec les enfants.

Ma fille ne parle pas encore mais comprend le français et l’espagnol. Au quotidien, mon fils parle en français. Même s’il comprend totalement l’espagnol, il a plus de facilité à s’exprimer en français, donc il répond dans cette langue à son papa. Par contre, au Mexique, on a prévenu que sa famille ne comprendrait pas le français, donc il a tout de suite switché en espagnol ! À la fin du séjour, il parlait un espagnol fluide. Il a aussi des notions d’anglais. Il n’a pas l'accent québécois et d'ailleurs je ne trouve pas qu’à 4 ans les enfants au Québec ont un accent. Mais il a encore quelques expressions : “je suis chanceux” pour “j'ai de la chance”, “je suis capable” pour “je peux”, “roche” pour “caillou”, “brun” pour “marron”...



Le déménagement et la nouvelle vie d’une famille multiculturelle


Pour quelles raisons avez-vous choisi de déménager en France ? Pourquoi Marseille ? Aviez-vous des critères prioritaires pour vos enfants et pour vous ?

Au bout de 4 ou 5 ans, j’avais le sentiment d’avoir fait le tour de Montréal et de mon aventure Québécoise. C’était pour moi une belle parenthèse dans ma vie. J’ai donc décidé de rentrer en France puisque j’adore mon pays et ma région. Avant mon retour, j’ai rencontré mon mari, je lui ai tout de suite annoncée mon projet de rentrer en France, il était d’accord pour me suivre puis je suis tombée enceinte et notre projet a été retardé pour des tas de raisons.

En devenant parents, l’envie de se rapprocher de la famille est devenue encore plus forte, nous voulons que nos enfants grandissent entourés par leur famille. Aussi un peu pour nous, pour souffler en tant que parents et avoir un peu d’aide au quotidien. On aurait pu aller un ou deux ans au Mexique mais mon mari n’a pas voulu.

Pourquoi la France ? Évidemment pour la proximité avec la famille, mais aussi pour la culture, la qualité de vie, la nourriture, la santé, voyager plus facilement. Parce que la France est un pays merveilleux et on l’oublie trop souvent quand on y vit.

Pourquoi Marseille ? Encore une fois pour la famille, mais je suis aussi très attachée à ma région. L’ensoleillement, un hiver doux, la cuisine méditerranéenne, la chaleur des gens… Mon mari est né à Acapulco alors pour nous, la proximité avec la mer est aussi très importante ! Nous avons hésité avec Aix-en-Provence pour que le décalage après 9 ans à Montréal soit moins dur, mais la ville est très chère et nous avons de la chance que ma famille nous prête un logement très bien placé à Marseille. C’est finalement une très belle surprise, Marseille s’est vraiment embellie et dynamisée depuis 2013 où elle a été élue Capitale Européenne de la Culture.

Crédit photo : Laulinea • Photographe Maternité & Famille



Comment s’est passé le déménagement, l’adaptation pour toi, ton conjoint et tes enfants ?

Beaucoup d’organisation, du temps et de l’énergie. Les groupes sur Facebook nous ont beaucoup aidé car les Français de Montréal qui rentrent en France sont nombreux.

Dans l’ensemble, ça s’est bien passé, nous avons vendu ou donné 95% de nos affaires. Le tri a été dur, notamment pour les jouets et vêtements des enfants. Mais ils sont super contents d’avoir de nouveaux jouets ici, et puis il y a tellement plus de choix !

Mon mari a trouvé du travail à partir du Canada, c’était un gros stress de moins ! Il a commencé quelques jours après notre arrivée en France. Il est très content de son environnement de travail, ses collègues sont accueillants, gentils, bienveillants. Il s’est tout de suite bien intégré. Il découvre maintenant les joies des horaires et heures supp à la française ! Mais il a en retour 3 fois plus de congés. Il est très agréablement surpris par Marseille malgré tous les avertissements qu’il avait eu par des visiteurs.


Ma fille a moins de 2 ans donc mis à part les nuits au début, elle s’est très bien adaptée. J'ai trouvé une super assistante maternelle facilement grâce à une amie (qui est revenue de Montréal également !). Ils font des activités tous les matins : potager, parcs, bibliothèque, cirque, théâtre…


Mon fils de 4 ans est passé du CPE, 8 par groupe à jouer toute la journée, à la maternelle, 25 par classe à travailler. Ils font énormément d’activités manuelles et mon fils adore ça ! Je suis même surprise qu’il se soit si bien adapté, lui qui court dans tous les sens habituellement. Par contre, il se décharge beaucoup à la maison et les relations entre frère et sœur sont très tendues. Il adore dormir chez sa mamie et passer du temps chez son papi.


Et moi, je suis toujours sur un petit nuage d’être rentrée, c’est beaucoup plus facile que ce que j’avais imaginé. L’administration est effectivement très longue, mais je le savais. Le rythme est assez intense depuis notre arrivée et j’ai l’impression de passer mes journées à courir. Je vais continuer mon activité de photographe de famille à Marseille et même si je n’ai aucune visibilité à court terme et que c’est plutôt stressant, je suis assez confiante à l’idée que je créerai de nouveau des souvenirs pour les familles.



Tes enfants (surtout ton fils aîné) ont-ils une préférence entre le Canada, le Mexique et la France ?

Dès les premiers jours de notre arrivée, mon fils m’a dit spontanément qu’il ne voulait pas retourner au Canada et qu’il voulait rester en France. Je pense que c’était peut-être l’effet de la nouveauté. Il me reparle quelques fois de notre maison, de ses amis ou quelques anecdotes. Il me demande si je me rappelle de telle ou telle chose. Mais il vit surtout le moment présent et je n’ai pas l’impression que le Canada lui manque, c’est plus le changement global qui est une étape difficile à passer. Il adore aller à la plage et veut toujours être en short, donc je crois que Marseille lui correspond bien :)

Il aime beaucoup le Mexique, surtout ses cousines et ses grands-parents, mais je pense qu'il est encore un peu impressionné par l'Espagnol.

Les plus et les moins de la France VS le Canada selon toi quand on a de jeunes enfants ?

Le gros plus du Québec (pas le reste du Canada), c’est le long congé maternité. C’est une des raisons pour lesquelles on est restés plus longtemps. Je trouve ça très dur pour la maman d’être obligée de reprendre le travail aux 3 mois de bébé, si ce n’est pas son choix. L’autre avantage c'est que l’on se sent plus en sécurité, même à Montréal qui est une grande ville. L’ambiance est plus relax. Il y a de nombreux parcs dans la ville et moins de voitures au km2. Je trouve les enfants moins durs entre eux également et l’éducation plus bienveillante même si ça tend à changer en France.


En France, l’avantage va à un climat plus clément qui nous facilite quand même pas mal la vie, une nourriture plus qualitative et aussi l'accessibilité aux activités et à la culture. Il y a énormément de choix pour les repas de bébé. Et à l’école : il y a la cantine ! Au Canada, ce sont les parents qui doivent préparer le repas du midi tout en sachant qu’ils ne peuvent pas le réchauffer, ça finit généralement en sandwich. Aussi ma mère nous rapportait systématiquement du liniment et du coton, soit introuvable soit hors de prix, et qui est pour moi un indispensable. Sur une note plus superficielle mais qui m’a terriblement frustrée au Canada, car j’aime l'esthétisme et le design, les vêtements, les jouets, les décos, beaucoup plus qualitatifs, beaux et moins chers.


Crédit photo : Laulinea • Photographe Maternité & Famille



Avez-vous des projets de voyages ? (en France, en Europe, ou peut-être la visite de la famille mexicaine ?)

C’est aussi une des raisons pour laquelle je souhaitais revenir en France ! On rêve de (re)découvrir la France et l’Europe ! Mon mari, comme tout américain, imagine faire le tour de l’Europe en une semaine ah ah mais il est très excité de profiter de ses 7 semaines de vacances pour voyager, il y a tout à voir ! Pour l’instant on a évidemment pas encore eu le temps d’organiser quoi que soit, alors on se promène dans et aux alentours de Marseille. La famille de mon mari a prévu de nous rendre visite au printemps prochain.



À quoi ressemble votre vie au quotidien ? La langue parlée, les plats cuisinés, les comptines et livres lus aux enfants ? Est-ce que les 2 cultures sont transmises aux enfants ?

À Montréal notre vie était beaucoup plus multiculturelle parce que la ville en elle-même l’est. Notre entourage proche ou éloigné était francophone, anglophone, hispanophone. On entendait parler toutes les langues en allant aux parcs, dans le bus, à l’épicerie, à la garderie. Mon fils me demandait souvent en quelle langue parlaient les enfants qu’on allait rencontrer. Comme leur CPE à Montréal était francophone et que maintenant qu'on est en France, nos enfants parlent beaucoup plus français.

La culture mexicaine était plus présente à Montréal. Mon mari cuisinait beaucoup et les ingrédients mexicains étaient faciles à trouver. À Marseille, il n’a pas encore trouvé des produits authentiques et avec ses horaires, c’est souvent moi qui cuisine, donc français. Maintenant qu’on vit en France, la culture française va évidemment prédominer, mais notre souhait est qu’ils connaissent et aiment leurs deux cultures. Chaque année, on prépare l’Offrenda pour le jour de la Fête des Morts, une des traditions les plus importantes au Mexique, après Noël, on fête aussi Los Santos Reyes. On regarde souvent “Coco”, un dessin animé magique pour apprendre les traditions du Mexique. Mon mari est très fier de ses origines mexicaines et tient à transmettre sa culture et ses traditions à nos enfants. C’est une immense chance pour eux de pouvoir s’ouvrir à plusieurs cultures et d’être ouvert sur le monde.




Retrouvez Laurène Tinel, photographe à Marseille, Aix-en-Provence et les alentours, pour capturer tous les bonheurs du quotidien : site webinstagram